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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.]

spectacles à faire bouillir les sens du plus austère des ana-chorètes, à transformer une vestale en la plus éhontée mes-saline. Les lustres figuraient des dieux et des déesses entre-lacés, et soutenant d’énormes priapes d’or, d’où s’échappaientdes flots de lumière qui inondaient des plus riches reflets lescarnations des femmes. Les ottomanes étaient en veloursnoir et encadrées de riches draperies de satin tramé à fild’or, qui ne laissaient pénétrer que des rayons lumineux sa-vamment calculés pour favoriser l’abandon de la coquetterie.Des stylobates supportaient des statues en marbre de Paros ,dont les groupes représentaient tous les égarements possiblesde la passion. D’abord on n’apercevait aucune glace dansces asiles où les grâces étaient sans voile et l’amour sanspudeur; mais dans certaines parties des boudoirs se trou-vaient placés des ressorts qui, par une simple pression,faisaient relever les draperies et mettaient à découvert d’im-menses panneaux de glaces, qui reflétaient à l’infini lesimages nues du Soudan et de ses favorites.

Les chambres à coucher offraient d’autres magnificences;c’étaient de véritables temples élevés au Sommeil et à l’A-mour son frère. Les murailles étaient tapissées d’étoffes desoie bleue glacée d’argent, sur lesquelles on avait tendu desmousselines de l’Inde , parsemées d’étoiles et de rosaces for-mées de pierres précieuses. Les draperies des portes étaientgarnies de points d’Angleterre du plus haut prix et relevéespar des écharpes de gazes mi-partie or et argent que soute-naient des amours. Aux angles se dressaient des statues enmarbre blanc, tenant dans leurs bras des vases remplis defleurs artificielles du travail le plus merveilleux; sur les lam-