HISTOIRE DES PAPES.
[XYIII. S.]
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débilitées, ainsi qu’avait fait Louis XI d’exécrable mémoire.Les ouvriers, déjà exaspérés par la misère, prirent la dé-fense de ces femmes éplorées, s’attroupèrent en armes, pour-suivirent les officiers de police chargés d’exécuter cette pressesanguinaire, en tuèrent quelques-uns et en maltraitèrent ungrand nombre. Berryer , le principal agent de cette odieusemesure, fut assiégé dans son hôtel, et forcé de s’évader parles jardins pour éviter d’être pris et pendu.
Pendant plusieurs jours les désordres continuèrent, etParis présenta l’aspect d’un camp de guerre; enfin les gardessuisses, les gardes françaises, toutes les troupes de la maisondu roi entrèrent dans la capitale, sabrèrent le peuple, firenttomber sous leurs balles quelques milliers de femmes, devieillards ou d’enfants, et maintinrent l’autorité de monsieurle lieutenant général de police. Les plus mutins furent rouésou attachés au gibet, les enlèvements continuèrent, et per-sonne n’osa bouger. Le parlement seul intervint, et décrétaqu’il serait instruit contre les auteurs des forfaits qui avaientexaspéré la population ; puis, sur des avis secrets qui furentdonnés aux conseillers , ils eurent peur et revinrent sur leurpremière décision. Berryer fut au contraire admis à se jus-tifier du fait de l’enlèvement des enfants, et la question desbains de sang fut écartée. De sorte que cette affaire restapour toujours enveloppée d’un voile impénétrable.
On n’ose croire que Louis XV se soit rendu coupable detelles atrocités; cependant il est demeuré avéré que plusieursprinces de la maison de Bourbon faisaient pratiquer des sai-gnées sur des adolescents pour laver des dartres corrosives,stigmates de honteuses débauches; tous les mémoires du