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[XVIIT. S.] CRIMES des ROIS, DES REINES et des EMPEREURS. 107

et considéra, sans pousser aucune plainte, son poignet queréduisait en charbon l’action corrosive du leu. Après quoi lestourmenteurs passèrent au tenaillement; ils lui .arrachèrentlambeaux par lambeaux la chair des cuisses, des bras et desmamelles, sans qu’il fît entendre un soupir; mais lorsqu onvida dans ses plaies béantes le mélange de plomb fondu,d’huile bouillante, de résine, de cire et de soutre enflammé,il poussa des hurlements affreux ; enfin on passa à 1 écartel-lement; on l’attacha par les bras et par les cuisses à quatrechevaux vigoureux, qui, pendant près d’une heure, tirèrentde toutes leurs forces sans pouvoir détacher les membres dutronc. Gomme la nuit approchait et qu’il fallait en finir, lescommissaires ordonnèrent aux bourreaux d’inciser les mus-cles. Les deux cuisses et un bras avaient été arrachés queDamiens respirait encore; ce ne fut qu’au démembrementdu second bras qu’il rendit le dernier soupir. Le corps et lesmembres lurent jetés dans un jmcher préparé à quelques pasde l’échafaud. Ainsi mourut le régicide Damiens, emportant'dans la tombe le secret de ses complices.

Quant à Louis XV , il avait déjà repris son train de vie ha-bituelle, sa blessure ayant été guérie au bout de trois jours.La marquise de Pompadour avait été rappelée à Versailles ,et se trouvait plus puissante que jamais. Non contente de si-gnaler son retour par des actes d’autorité, en faisant ren-voyer les ministres qui lui avaient signifié l’ordre d’exil, ellevoulut prendre les allures d’une reine, et se posa comme1 arbitre des destinées de l’Europe . La fille du boucher Pois-son traita avec l’impératrice Marie-Thérèse, et, pour le mal-heur de la France, fit contracter avec l’Autriche une al-