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HISTOIRE DES PAPES.
(XVIII. S.]
une hainç secrète depuis l’attentat de Damiens, en raison dessoupçons quelle avait conçus sur la participation occulte deson fils dans le crime. Le duc de Choiseul, pour ces causes,était devenu le personnage le plus important de l’état; lui seultraitait avec le clergé, avec le parlement et avec les écrivainsdont la puissance devenait redoutable, et soit par lui-même,soit par son cousin le duc de Praslin , il embrassait les di-verses branches de l’administration qui étaient confiées àd’autres ministres. *
Ainsi l’astre de la marquise de Pompadour pâlissait sin-gulièrement, et déjà l’on pouvait prévoir le moment où ils’éclipserait de l’horizon, lorsque la favorite tomba grave-ment malade à la suite de parties de débauches faites auchâteau de Choisy. Dès les premiers jours, elle comprit quela science serait impuissante pour la sauver, et elle ne s’oc-cupa plus que de mourir en reine. Elle se fit transporter auchâteau de Versailles , présida le conseil, quoique mou-rante, et jusqu’à sa dernière heure donna audience aux am-bassadeurs, aux princes, aux évêques et à tous les grandsseigneurs de la cour. Enfin le 15 avril 1765 elle rendit ledernier soupir. Une heure après, par ordre de Louis XV , onjeta le cadavre encore chaud sur une civière, et deux laquaisle portèrent à l’hôtel de la marquise. Sa majesté se mit à unefenêtre pour voir le cortège traverser la cour ; et comme letemps était à l’orage, elle dit à un de ses familiers : « Cette>> pauvre femme aura un mauvais temps pour son dernier» voyage. « Le roi ne versa pas une seule larme sur le sortde la marquise, et le soir même de l’événement il se rendit,suivant son habitude, à l’infâme Parc-aux-Cerfs.