[XVUI.S.J CRIMES DES ROIS, DES REINES et des EMPEREURS. 123
Néanmoins le mariage du dauphin n’avait pas eu le résultatqu’en attendait le duc de Choiseul. Sa majesté s’éta.t promp-tement fatiguée de sa bru, et la du Barry devenait de jouren jour plus puissante. Le ministre voulut alors essayer esmoyens qu’avait si heureusement employés Louvo.s sousLouis XIV, et se détermina à jeter la France dans une guerredésastreuse pour se maintenir à son poste. Ce n eta pchose facile que d’y faire consentir le roi, vu la pénurietrésor et l’impossibilité de créer de nouvelles ressources poursubvenir aux prodigalités de la cour. Toutefois il tenta bardiment ce parti ; et pour mieux assurer le succès de ses démarches, il commença par attaquer ses ennemis les plusacharnés, et tout particulièrement l’amant de la du Barry,le beau d’A génois, devenu duc d’Aiguillon, neveu du maré-chal de Richelieu, qui se trouvait précisément sous le coupde graves accusations de concussion et d’abus de pouvoirsdans son gouvernement de la Bretagne , et qui était poursuivipar-devant le parlement de Paris. Mais.la comtesse prit faitet cause pour son favori, et obtint de Louis XV la révocationdes lettres patentes qui avaient autorisé les conseillers àconnaître des crimes reprochés au duc d’Aiguillon. Ceux-cipassèrent outre, rendirentun arrêt qui déclarait le duc prévenu de laits qui entachaient son honneur, et le suspendirent de ses fonctions de pair et de ses dignités jusqu au pro-noncé définitif du jugement. Le roi, furieux de voir ses vo-* lontés méprisées, accourut au palais de justice, escorLé desix compagnies des gardes, força le greffe et lacéra de sesmains les pièces de la procédure. Cette lâche expédition ter-minée, sa majesté retourna à Versailles , et quelques jours