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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
après annonça qu’elle tiendrait un lit de justice. Rien ne fut'négligé pour rendre complète l’humiliation des magistratsconvoqués pour cette cérémonie. Le duc d’Aiguillon y siégeaparmi les pairs, malgré la condamnation dont il était frappé;le chancelier Maupeou admonesta l’assemblée en termes flé-trissants ; Louis XV traita les conseillers avec une insolenceextrême, et leur enjoignit d’inscrire, séance tenante, sur lesregistres de la compagnie un édit qui les couvrait d’infamie.11 fallut obéir; la salle où se tenait la séance étant environnéede soldats; mais le lendemain, quand ils furent rentrés àParis , ils annulèrent leur précédente résolution comme arra-chée par la terreur, et décrétèrent qu’ils suspendraient leurservice jusqu’à ce que justice leur eût été rendue.
Sa majesté, d’après ce principe en vigueur dans les mo-narchies absolues, qu’un roi est maître d’agir en toutes chosessuivant son bon plaisir, trouva tout simple, pour assurerl’impunité d’un grand coupable, de détruire la seule barrièrequi existât entre le peuple et le trône, et abolit le parlement.Le duc de Choiseul voulut s’opposer à ce coup d’état, etargua de l’intérêt général de la nation; mais aux premièresparoles Louis XV l’arrêta, lui présenta des pièces écrites desa main, qui témoignaient que lui-même ne songeait danscette affaire qu’à éloigner ses ennemis de la cour, afin depouvoir entraîner la France dans une guerre contre l’Angle-terre et dans le seul but de rester ministre. Le duc se retiracouvert de confusion, bien assuré de sa disgrâce ; elle ne sefit pas attendre. Une heure après, le duc de la Vrillière vintlui apporter une lettre de cachet qui l’exilait dans ses terres,ainsi que son parent le duc de Praslin .