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[XVIII.S.] CRIMES des ROIS , des REINES et des EMPEREURS. 127

» changerai jamais. » Les princes, qui voyaient la cour despairs annihilée par cette nouvelle création, adressèrent desremontrances à sa majesté; le duc d’Orléans et Louis-Phi-lippe de Chartres son fils osèrent attaquer dans leurs dis-cours la favorite, les ministres et même le monarque. Deslettres de cachet en firent justice; les pvinces de Conti, deCondé, le duc de Bourbon, le comte de Clermont, furentégalement conduits en exil dans leurs terres; la vengeancedu crapuleux Louis XV s’étendit jusqu’aux membres les plusinfimes du barreau et de la magistrature.

Mais la discorde qui existait entre le trône et ses plusfermes soutiens ne fut pas de longue durée. Les princes quiavaient montré le plus d’acharnement dans la lutte don-nèrent les premiers le signal de la soumission; le duc d’Or-léans ne tarda pas à négocier son rappel, et promit d’obéirservilement à la favorite, sous la seule condition qu’on l’au-toriserait à rendre public le mariage qu’il avait contractéavR c la belle Montesson depuis la mort de sa femme. Leduc de Chartres , le plus lâche des princes de sa race, di-sent les mémoires du temps, la honte de la maison de Bour-bon , dans laquelle il était frauduleusement entré, le filsd’un valet d’écurie, escroc insigne, ivrogne abruti, débauchécrapuleux, sans foi, sans loi, sans pudeur, sollicita égale-ment sa grâce de la du Barry. Les autres princes, à l’excep-tion du duc de Conti, ne tardèrent pas à suivre son exemple,les ducs et pairs abjurèrent aussi leurs velléités de rébellion;les membres du parlement de Paris descendirent à leur touraux plus lâches prières, afin d’obtenir du chancelier la levéede leur exil et le remboursement de leurs charges. Le peuple