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HISTOIRE DES PAPES.

(XVIII. S.]

paya encore le prix des charges, et toute opposition cessacontre la cour, du moins à Paris ; car le mécontentementprenait dans les provinces le caractère de la sédition.

En Bretagne surtout se manifestait une grande agitation ;Louis XV envoya des troupes pour ruiner le pays et dissou-dre les états bretons dans le cas où ils continueraient à résisterà ses ordres. De semblables précautions furent prises contreles états de la Bourgogne et du Languedoc . Elles produisi-rent des résultats bien différents de ceux qu’on attendait :le peuple prit parti pour les magistrats; les soldats envoyéspour mettre les rebelles à la raison refusèrent de tirer contreleurs concitoyens. Les provinces furent alors inondées d’écritssatiriques qui dévoilaient toutes les turpitudes du gouverne-ment; des bulletins manuscrits, mis en circulation sous lenom de nouvelles à la main, montrèrent au grand jour lesinfâmes débordements de Louis XV , et dénoncèrent à l’exé-cration publique le monarque et ses ministres. Des placardsrégicides furent même affichés en plein jour dans la capitale ;l’un d’eux avait été attaché au socle de la statue du roi quidécorait la grande place Louis XV, et contenait cette terribleallusion à la tentative de Damiens : « Arrêt de la cour des» monnaies, qui ordonne qu’un louis mal frappé soit ïe-» frappé ! »

Le roi ne s’inquiéta de ce redoublement de haine dont ilétait l’objet, que pour se mettre en garde contre le poignardd’un second régicide. - Par ses ordres, plusieurs milliers depersonnes suspectées d’être hostiles à la royauté furent in-carcérées à la Bastille avec des lettres de cachet dont la te-neur indiquait assez le sort qui leur était réservé : « Monsieur