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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.]

plusieurs milliards, lorsque sa majesté eut la pensée d’élever àla charge de contrôleur général des finances l’abbé Terray, unde ces hommes dévoués à la tyrannie, qui proclament effron-tément le principe de l’inviolabilité des rois, et qui préten-dent que l’existence des peuples ne doit être comptée pourrien quand il s’agit de satisfaire le moindre caprice des sou-verains. Ce misérable arrivait au ministère avec l’idée bienarrêtée de créer de nouveaux impôts, d’emprunter à tous lestaux, et de solder les dettes par des banqueroutes. Ce fut luiencore qui donna à Louis XV le funeste conseil de révoquerledit sur la liberté de l’exportation des grains, d’accaparerensuite les blés amenés sur tous les marchés du royaume, etd’en faire hausser le prix à volonté, pour affamer ses sujetset les contraindre ainsi à livrer jusqu’à leur dernière obole.Projet infernal qui ne pouvait sortir que du cerveau d’unprêtre ou de celui d’un roi.

Sa majesté procéda avec une rare habileté à la réalisationde ces mesures: elle commença par faire acheter par lesagents du lise les blés qui arrivaient de la campagne sur tousles marchés ; ensuite elle fit construire d’immenses magasinsà Corbeil et dans différents endroits, ainsi que des moulins,et accumula dans ses greniers des quantités prodigieuses defarines et de grains; tout cela sans prendre la peine de dissi-muler, affectant même de faire parade de son adresse, etmontrant à ses courtisans un agenda sur lequel se trouvaientnotées de sa main, jour par jour, les variations des marchés.Le roi poussa l’impudence jusqu’à vouloir qu’on plaçât dansl’Almanach royal, au rang des officiers de finances, avec letitre de trésorier des grains et des farines, un sieur Mirla-