[XVIII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 135
nobles filles; il parle d’une jeune créole, madame de Saint'e-llélène, vendue par son mari le jour même de ses noces; ilcite encore madame de la Rure, que le roi voulut posséderparce qu’elle était atteinte de nymphomanie; la petite deLussan, qui n’eut que les honneurs de la passade, parcequ’elle avait les hanches maigres; la marquise d’Eslignac,dont la gorge était phénoménale; la baronne de Salis, quifut enlevée de force, portée au Parc-aux-Cerfs, et violée parLouis XY ; cette malheureuse femme s’étouffa de désespoiren dévorant ses cheveux ; madame de Martinville, la duchessedeChaulnes; madame de Beaunoir, femme bel esprit, au-teur de quelques pièces de théâtre, entre autres de Céline;madame de Villemant, la duchesse de la Rochechouard, lacomtesse de Sades, qui tomba dans l’érotomanie par suitedes breuvages aphrodisiaques et des pastilles de chocolataux cantharides que lui fit prendre sa majesté.
Beaucoup de femmes de théâtre furent également admisesaux orgies du roi. Mademoiselle Tiercelin entra à onze ansau Parc-aux-Cerfs et en sortit à quatorze, avec une pensionde cinquante mille livres de rentes ; mademoiselle Lescot,de la Comédie Italienne, était moins âgée encore, et n’avaitque dix ans quand elle fut livrée au Soudan de Versailles ;mademoiselle Lefèvre, surnommée la messaline des Italiens,fut de même, dans un âge fort tendre, souillée par les em-brassements du monarque, ainsi que quantité d’autres ac-trices ou danseuses. Parmi les sujets qui furent pris dans leslupanars de la capitale pour ranimer les sens blasés de samajesté, on place la demoiselle de Ville, la tribade la pluséhontée de Paris ; la Dervieux, qui le disputait au ganymède