[XVUI. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 137
danapale ni le faire renoncer à ses orgies du Parc-aux-Cerfs.Ainsi, le marquis de Chauvelin, un de ses plus intimesconfidents, ayant été étouffé par le vin au milieu d’un souper,il donna froidement l’ordre qu’on enlevât le cadavre, et con-tinua à s’enivrer. Enfin il trouva la juste punition des crimesde sa vie dans la débauche môme; une jeune duchesse l’in-fecta du mal honteux qui avait fait périr François I er , un deses prédécesseurs.
A partir de ce moment, ses forces déclinèrent sensible-ment. Sa majesté, au lieu de suivre les conseils de ses mé-decins et de se conformer aux règles prescrites pour cessortes de maladies, voulut essayer, pour hâter sa guérison,d’un moyen exécrable dont un roi seul pouvait avoir la pen-sée. Louis XV se fit amener des jeunes filles pures et vier-ges.... Heureusement Dieu prit en pitié ces innocentes vic-times, et permit que le remède avançât la catastrophe : unepauvre enfant de treize ans, d’une admirable beauté, quiavait.été introduite dans le lit de ce monstre, lui commu-niqua les germes de la petite vérole qu’elle portait dans sonsein sans le savoir, et vint gravement compliquer la positiondu malade. Dès les premiers jours, les docteurs jugèrent,d’après les symptômes, qu’il n’y avait aucun espoir de sau-ver le monarque, et parlèrent de le faire administrer; maisBordier, le médecin en chef de sa majesté et l’ami de la duBarry, s’opposa à l’introduction des ecclésiastiques, sousprétexte que leur vue pouvait hâter la (in du malade , et enréalité pour faisser à cette courtisane le temps de faire passerses richesses en lieu sûr.
Le vieux roi, qui ignorait la gravité de son état, luxurieux