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HISTOIRE DES PAPES.

[XVI11. S]

jusqu’à son lit de mort, voulait que la favorite passât sesmains blanches et délicates sur ses ampoules purulentes,qu’elle livrât ses charmes nus à ses caresses, et s’abandonnâtà toutes les impudicités que lui permettait sa faiblesse.

Quand la du Barry eut pris toutes ses dispositions, lesmédecins vinrent apprendre au sardanapale que sa dernièreheure était sonnée. L’arrêt fatal lui causa une terreur indi-cible, et, comme on l’avait prévu, il devint le signal du ren-voi de la favorite ; le crapuleux Louis XV tourna à la dévo-tion et se fit administrer par monseigneur de la Roche-Ay-mond, son grand aumônier, l’un des prélats les plus débau-chés du royaume. Trois jours après, le 10 mai 1774, il ren-dit son âme au démon, dans la soixante-quatrième année deson âge. Il avait régné cinquante-neuf ans.

Aussitôt qu’il eut fermé les yeux, la cour quitta Versailles et vint à Choisy, où se trouvait le jeune dauphin, pour lesaluer roi de France et de Navarre ; personne ne resta auprèsdu cadavre de Louis XV , à l’exception des gens nécessaires;encore s’empressa-t-on de l’enlever du château, où il répan-dait une odeur infecte. On ne remplit même aucune desformalités d’usage, soit pour l’autopsie, soit pour l’embau-mement , tant les gens de l’art redoutaient le contact de cesrestes impurs ; après quarante-huit heures, le corps fut ren-fermé dans un cercueil et emporté sur un carrosse de chasseà l’ossuaire royal de Saint-Denis .

Louis XVI n’avait que vingt ans lorsqu’il se trouva appelépar la mort de son aïeul à prendre les rênes du gouverne-ment. Cette fois encore on put voir combien était absurde leprincipe de légitimité et de transmission d’empire par voie