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[XVIII .s.] GRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 139

d’hérédité. Au lieu d’un homme d’énergie qui eût été néces-saire à la tête de l’État pour arrêter les spoliations dé tousgenres dont les peuples étaient victimes, 1 aveugle hasardavait donné à la France un prince d une nullité absolue, qui,par le fait de son incapacité, allait se trouver le jouet desintrigants qui l’éhtouraient ; aussi est-il juste de rejeter unegrande partie des crimes de son règne sur les seigneurs desa cour, sur les princes et les princesses du sang, et parti-culièrement sur Marie-Antoinette , qui abusa si fatalementde l’ascendant qu’elle avait sur son mari. Mais à l’égard de lareine, les mémoires de l’époque se montrent d : une telle sé-vérité , que nous ne saurions trop nous mettre en défiancecontre leurs assertions-, les uns la comparent aux Margueritede Bourgogne, aux lsabeau de Bavière , et disent quellepossédait tous les vices de la femme et pas une des vertusde son sexe ; les autres prétendent que lorsqu’elle monta surle trône, on put croire que le déplorable empire des courti-sanes se perpétuait en elle ; que dans ses débordements ellene le cédait en rien à l’ancienne pensionnaire du lupanar dela Gourdan; qu’elle montrait la même effervescence de pas-sions et les mêmes goûts monstrueux que la du Barry ; quetoutes deux avaient encore d’autres points de ressemblance ;que si la favorite avait su enchaîner Louis XV à son char, etconserver son empire sur lui, tout en le trompant et en fai-sant partager ses faveurs à des valets ; la reine avait su égale-ment dominer son mari, le tromper et lui inspirer une con-fiance si absolue, que jamais il ne lui était venu à la penséequ’on pût seulement exprimer un blâme sur .elle ; qu’enfin,ces deux femmes, si bien faites pour se comprendre, s’étaient