[XVIII. s.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 141
nullement à la tête des armées. Il passait en outre pour êtreaffligé du défaut d’impuissance qu’on reprochait à Louis XVI ,ce que la reine avait expérimenté et ce qui contribuait à lerendre ridicule. Tout son mérite, disent les mémoires dutemps, consistait « à dire des ordures aux dames, faute de» pouvoir montrer sa vaillance; » néanmoins il avait prisune femme et une maîtresse, sans que réellement on sûtPour quel usage. Quant au comte d’Artois, le second frèredu roi, c’était tout l’opposé de ses deux aînés : à dix-sept ansil était déjà renommé parmi les plus débauchés de la cour;°n n’entendait parler que de ses extravagances faites en com-pagnie de ses deux coryphées, le duc de Chartres et le princed’Hénin, son capitaine des gardes et son pourvoyeur, quijoignait à ces deux fonctions«celle de surintendant de la cas-sette et des domaines de Sophie Arnould , la première can-tatrice de l’Académie royale de musique, et la plus éhontéecourtisane de l’époque.
Le comte d’Artois était fanfaron, braillard, emporté ; etquoique d’une assez jolie ligure, il avait une singulière ex-pression de bêtise qu’il justifiait du reste par ses discours. Al’exemple du comte de Provence , il parlait aux dames pourleur tenir des propos de lupanar, et aux seigneurs pour leurdire des grossièretés auxquelles il était flatté qu’on répondîtsur le même ton. Une de ses occupations favorites était de serendre aux halles ou sur les ports, et de lutter d’injures et depropos obscènes avec les marchandes de marée et les lavan-dières. Entin, il était amoureux de toutes les femmes, exceptéde la sienne.
Les autres princes étaient aussi nuis et aussi insignifiantsx. 19