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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
que les frères du roi ; le duc d’Orléans s’occupait uniquementde jouer la comédie; le jeune duc de Chartres , à force delâchetés et de turpitudes, était devenu en quelque sorte unehonte pour sa famille ; le prince de Conti était plongé dansla crapule ; le comte de la Marche s’était fait l’écuyer caval-cadour des courtisanes ; le prince de Condé n’avait pas mêmel’ombre d’une vertu ; le duc de Penthièvre et le comte d’Euétaient arrivés au dernier degré de l’abjection.
Marie-Antoinette ne pouvant donc choisir dans la famillede son mari des ministres capables de soutenir le trône, eutl’idée d’appeler auprès d’elle le comte de Maurepas, ce cour-tisan émérite exilé de la cour depuis vingt-trois ans, pourune chanson contre la marquise de Pompadour. Celui-ciaccourut aussitôt à Versailles , p’rotesta de son dévouement àla reine, et sut conduire si habilement sa barque, qu’il se fitinvestir de l’autorité de principal ministre, quoiqu’il feignîtpar hypocrisie de ne vouloir que le titre de secrétaired’état.
Dès lors ce vieillard, que Montesquieu place au rang destrois plus mauvais citoyens qu’ait eus la France , entre Riche-lieu et Louvois, gouverna comme il avait vécu, pour s’amu-ser et se distraire. D’un caractère insouciant et bouffon, ils’occupa à gloser sur les turpitudes de la cour et sur les mal-heurs du royaume; il se fit à la fois le complaisant de lareine, de Monsieur, de Madame, du comte d’Artois, des 'princes, des princesses; et imprima au règne de Louis XVI ce caractère d’irrésolution, de faiblesse, de corruption et deviolence qui est particulier aux années qui précédèrent larévolution. Il se posa d’abord en mentor, et pour se rendre