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[XV1II.S.] GRIMES des ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 151

de Péquigny, de Saint-Maigrin, de Cosse, et la demoisellePorvat, une de ses femmes de chambre; mais quand elle futre >ne, elle ne mit plus de frein à ses débordements, et com-mença ses fameuses promenades nocturnes et ses coursesmatinales dans le parc de Versailles , où, seule et cachée sousdivers déguisements, elle allaita la recherche de beaux jeuneshommes et de séduisantes jeunes filles.

Un livre intitulé le Lever de l’aurore, écrit, affirme-t-on,par un de ceux que le hasard avait conduits dans les bras dela reine, vint révéler les mystères de ces promenades et causaUn grand scandale. Peu de temps après, Marie-Antoinette elle-même prit "soin de justifier les accusations portées dansce pamphlet. Lors des fêtes du sacre, pendant son séjourà Reims , elle donna à la cour un banquet magnifique, lesoir, dans un lieu appelé l’Ile d’Amour; puis, à la fin dusouper, lorsque les liqueurs eurent échauffé les têtes, elle fit •éteindre les lumières, et semblable à une bacchante en furie,elle se précipita dans les bosquets, entraînant à sa suite lesprincesses, les princes, les dames, les grands seigneurs, quitous se confondirent dans une effroyable orgie.

On prétend que ce fut à partir de cette fameuse nuit que lejeune duc de Goigny parut honoré des faveurs toutes parti-culières de la reine, ce qui l’eût conduit inévitablement àune haute fortune, si monseigneur le comte d’Artois n’étaitvenu à la traverse. Marie-Antoinette n’apporta pas plus demystère dans son intrigue incestueuse avec son beau-frèrequ’elle n’en avait mis dans ses amours avec le beau Coigny ;elle affecta de se montrer partout en public avec le prince,même au spectacle, où très-souvent, dit l’auteur des Essais