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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
historiques sur la vie de la Reine, dans les entr’actes tousdeux se retiraient dans l’arrière-loge, pendant que la grosseMontansier, la directrice du théâtre, gardait la porte et em-pêchait les importuns de les venir troubler dans leurs ébatsamoureux. Aprèsle spectacle, monseigneur d’Artois et Marie-Antoinette remontaient dans un galant équipage et revenaientà Versailles fort avant dans la nuit.
On raconte que Louis XVI , instruit enfin de ce qui sepassait par un amant rebuté, et voulant donner une leçon àsa femme, fit fermer toutes les grilles du palais, avec défensede les ouvrir pour personne; de sorte qu’une nuit la reinefut contrainte, pour gagner son appartement, de passer parune porte bâtarde qui servait aux domestiques, et de traver-ser les écuries. On ne sait comment elle s’y prit pour détruireles soupçons du monarque, mais elle y réussit complètement,car dès le lendemain l’ordre de fermer les grilles pendantla nuit fut révoqué.
Marie-Antoinette se lassa enfin de son beau-frère, et parutdoublement éprise de la piquante marquise de Mailly et ducomte de Dillon, jeune débauché qui n’avait pour tout méritequ’une belle figure, une âme corrompue et un cœur aussilâche qu’avili. Le nouveau favori obtint de sa royale maî-tresse de grandes faveurs, et de l’imbécile Louis XVI desdistinctions particulières. Sa majesté poussait la complai-sance jusqu’à lui servir de caissier pour le jeu de la reine, etsemblait avoir pris cette liaison sous sa protection : une indis-crétion vint mettre un terme à cette comédie. Marie-Antoi-nette , dans un bal où elle avait dansé exclusivement avecson favori, prétendit avoir de grandes palpitations, et pria