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fXVIII.8.] CRIMES des ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 159

léghanys. Depuis plusieurs années ils y avaient encore ajoutéle Canada et les Florides, deux riches provinces appartenantà la France, et que Louis XV leur avait lâchement cédées.Tout enfin faisait présumer que le pouvoir de la Grande-Bretagne était à jamais consolidé dans ces contrées; maisqui peut pénétrer les secrets desseins de la Providence? quine sait que souvent la Divinité fait servir à la liberté despeuples les armes qu’elle avait mises aux mains des tyrans ?La ruine de l’Angleterre devait venir de sa propre grandeur.L’insolence des gouverneurs envoyés en Amérique , tousmembres de cette aristocratie anglaise, la plus rapace, laplus infâme de toutes les aristocraties, éveilla une haineprofonde contre la métropole, et inspira aux Américains ledésir de s’affranchir du joug de la mère-patrie.

Des hommes de cœur et d’énergie commencèrent à exa-miner de quel droit le parlement de Londres prélevait desimpôts sur leurs cités, puisqu’elles n’avaient aucune part à lareprésentation nationale ; ensuite ils se réunirent en congrès àNew-York et publièrent une déclaration des droits du peuple.Dès ce moment, l’opposition fut régulièrement constituéedans les colonies américaines , et compta dans ses rangs lescitoyens les plus honorables, entre lesquels se distinguèrentFranklin et Washington , les régénérateurs de leur patrie.

Une foule d’écrits de circonstance furent répandus à pro-fusion et vinrent éclairer les esprits sur la sainteté de la causede l’émancipation. Le foyer de l’agitation se concentra dansla ville de Boston, capitale de l’État de Massachusset, d’oùil s’étendit dans toutes les provinces. Les ministres anglais mirent alors en œuvre, pour arrêter le mouvement insurree-