160
HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
lionnel, la perfidie et la corruption, les armes habituelles dela valetaille de cour ; mais leurs manoeuvres furent dévoi-lées. Ils se rejetèrent en désespoir de cause sur la forcebrutale, et envoyèrent des soldats pour mitrailler le peuple.Ces odieuses mesures excitèrent l'indignation générale; tousles Américains coururent aux armes, proclamèrent leur in-dépendance, et se formèrent en république sous le nom destreize États-Unis .
Le roi de la Grande-Bretagne, Georges III , déclara aus-sitôt ses anciens su jets rebelles et se prépara à leur faire uneguerre d’extermination ; ceux-ci, de leur côté, se mirent endevoir de résister à ses coupables entreprises, et formèrentpas traités d’alliance avec la France, l’Espagne et la Hol-lande , qui toutes trois étaient intéressées à seconder un mou-vement qui portait une rude atteinte à la puissance maritimede l’Angleterre. Malgré cette quadruple alliance, la Grande-Bretagne triompha sur mer et battit la Hotte combinée desalliés de la nouvelle république au fameux combat de laGuadeloupe . Toutefois la cause de l’indépendance ne futpoint perdue; les revers des Américains sur mer se trou-vèrent largement compensés par de brillantes victoiresobtenues sur le continent par Washington , généralissimedes troupes des États-Unis , aidé des corps de volontairesfrançais qui étaient sous les ordres du jeune marquis de laFayette. Enfin le siège d’York-Town décida du sort de l’A-mérique , et l’affranchit pour toujours du joug-de l’Angle-terre. Lord Gornwallis, général en chef des armées de samajesté britannique, signa une capitulation humiliante, etquitta cette terre généreuse avec les débris de ses hordes.