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[XVIII. S.] CRIMES DES ROIS, bes REINES et des EMPEREURS. 161

Georges III se trouvant forcé de renoncer à la guerre surle continent, et redoutant de voir l’exemple de l’Amérique suivi par les autres colonies, se détermina à ouvrir des négo-ciations avec les puissances belligérantes. En conséquence,les ambassadeurs des parties intéressées se réunirent à Ver-sailles et posèrent les bases d’un traité de paix; il fut décidéentre les plénipotentiaires que sa majesté britannique recon-naîtrait l’indépendance des États-Unis , accorderait à la nou-velle république, comme délimitation des frontières, le vastepays connu sous le nom de Western-Terri tory, et déclareraitles pêcheries de Terre-Neuve et la navigation du Mississipien jouissance commune.

Il fut convenu dans un autre article du traité, que l’An-gleterre restituerait à la France toutes les possessions qu’ellelui avait enlevées, ainsi que les bâtiments capturés soit enAmérique , soit dans les Indes orientales, et qu’elle feraitcession absolue des îles de Miquelon, de Saint-Pierre et deTabago, dans la mer des Antilles; et sur la côte d’Afrique ,du Sénégal, de la Gambie et du fort Saint-James, dont nostroupes s’étaient emparées; de plus, qu’elle admettrait lesbâtiments français aux pêcheries de Terre-Neuve .

Les plénipotentiaires espagnols stipulèrent aussi des con-cessions avantageuses pour eux, entre autres la possessionde Minorque, l’une des îles Baléares, et celle des Florides enAmérique . En outre , les Hollandais se firent reconnaître ledroit de libre navigation dans toutes les mers des Indes , enéchange de la ville deJVégapatam et de son territoire situé surles côtes de Coromandel, qu’ils se réservaient même de re-prendre plus tard contre un équivalent.