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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.]

On peut affirmer que depuis longtemps aucune guerren’avait amené des résultats aussi importants et surtout aussifavorables à la France . Ce qui n’était pas moins admirable,c’est que toutes ces choses avaient été accomplies sans aggra-ver l’état des finances. Grâce à l’administration ferme et ha-bile de Necker, le déficit, au lieu de s’accroître, se trouvaitconsidérablement diminué, sans qu’aucun service en eûtsouffert ; et pour arriver à ce résultat, le ministre avait sim-plement exigé quelques réformes à la cour. Il n’en fallaitpas davantage pour lui susciter de grandes inimitiés. Aussi,dès qu’on put supposer qu’on n’avait plus besoin de lui,se vit-il le but des attaques les plus violentes de la partdes courtisans. Marie-Antoinette elle-même, qui ne pou-vait lui pardonner d’avoir mis un frein à ses prodigalités,alla jusqu’à l’accuser de concussion, et exigea de Louis XVI qu’il fît rendre compte au ministre de son administration.Necker, exaspéré par tant d’injustice, fit ce qu’on lui deman-dait et prépara sa justification ; seulement il ne se contentapas de la présenter au roi, il voulut encore que la nationentière fût édifiée sur l’intégrité de sa gestion, et il donnaune très-grande publicité à son compte-rendu. Il prouvaqu’en entrant au ministère il avait trouvé un déficit annuelde trente-quatre millions sur les recettes ; que pendant sonexercice il avait fourni aux dépenses de la guerre d’Amé-rique , qu’il avait remonté la marine, qu’il avait versé entreles mains de la reine, quoiqu’elle l’accusât de parcimonie àson égard, des sommes considérables ; qu’il avait pajé plu-sieurs millions de dettes à Monsieur, au comte d’Artois et auxautres princes du sang ; qu’il avait largement suffi aux exi-