[XVIII.S-l CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 163
gences de la cour, et qu’il avait acquitté,les pensions énormesque sa majesté allouait à ses favoris; et qu’enfin, malgrétoutes ces charges, il était parvenu à élever les recettes an-nuelles de dix millions au-dessus des dépenses ordinaires.
Ce compte rendu valut à Neeker les éloges de toute lapresse, des économistes, des philosophes, et l’estime de lanation. Toutefois le ministre ccfmprit qu’il ne pourrait long-temps se maintenir à son poste, vu le nombre et l’impor-tance de ses ennemis ; et pour sortir de la position précaireoù il se trouvait, il mit le roi dans la nécessité dé se pro-noncer entre lui et ses adversaires, en demandant, commemarque publique de sa confiance, l’entrée du conseil privé.Louis XVI , guidé par sa femme, refusa la satisfaction ré-clamée , et offrit dérisoirement les entrées de la chambre.Necker envoya immédiatement sa démission.
Marie-Antoinette , au comble de ses vœux, présenta aussi-tôt, pour remplacer le ministre dans ses fonctions, un desmembres du comité Polignac, Joly de Fleury, qui fut agrééde sa majesté. Le nouveau contrôleur général des financesétait, en fait d’administration, d’une incapacité notoire; maisil avait aux yeux de la reine un immense mérite, celui d’unesoumission aveugle à ses volontés et d’un dévouement absoluà la personne de la comtesse Jules, sa favorite. Celle-ci, loinde perdre de son empire, semblait chaque jour devenir deplus en plus nécessaire à Marie-Antoinette ; il est vrai qu’ellen’avait pas compté exclusivement sur la puissance de sescharmes pour retenir la reine à son char, et qu’elle avait eule bon esprit d’imiter la conduite de la Pompadour à l’égardde Louis XV , de se faire principal ministre de ses plaisirs et