HISTOIRE DES PAPES.
[XVI1I.S.]
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sa pourvoyeuse d’amants et de maîtresses. Elle lui donnasuccessivement les plus belles dames et les plus galants ca-valiers de la cour; madame de Simiane, la petite Iners, lajeune Campan, le baron Bezenval, Bazin et l’abbé de Ver-mont; elle multiplia les courses nocturnes, les spectacles enloges privées, les petits voyages de Trianon, les jeux sur lafougère et les décampativos. •
Malgré tous les soins que prenait madame de Bolignac dedistraire la reine, celle-ci conservait au fond du cœur unchagrin qui se trahissait jusque dans les jours de folles dé-bauches et dont elle ne s’était encore ouverte à personne;c’était l’idée que la durée de sa puissance ne reposait quesur la vie de son mari, attendu qu’elle n’avait point de dau-phin, et la croyance où elle était de ne pouvoir en obtenir.Enfin, dans un moment d’abandon, elle confia le sujet de sescraintes à son amie ; celle-ci la consola du mieux qu’elle put ;et pour sécher ses larmes, se mit immédiatement en quêted’étalons ou de faiseurs, nom pittoresque que l’on donnaità quelques vigoureux gardes du corps dont les grandes damesse servaient pour perpétuer leurs illustres maisons.
Les épreuves étaient d’autant plus difficiles pour Marie-Antoinette , que, par suite de ses débauches, elle se trouvaitaffectée d’un abaissement de l’utérus qui mettait obstacle àla conception; mais les expériences furent si multipliées etconduites avec tant d’habileté, qu’il en résulta une gros-sesse. Les choses allaient au mieux , sauf un petit inconvé-nient; c’est que le roi, depuis quelque temps, montrait de lafroideur à la reine et vivait entièrement séparé d’elle. Lecomte de Maurepas, qui était dans la confidence de la gros-