[XVIII. S.] CRIMES des ROIS, des REINES et «es EMPEREURS. 165
sesse, se chargea de négocier un raccommodement, et obtintde Louis XVI qu’il passât deux heures avec sa femme. Huitmois après cet événement, la France eut un dauphin, quifut nommé Louis-François-Xavier.
Le vieux Maurepas ne put assister aux couches de la reine,étant retenu au lit par une grave maladie qui l’emporta lemois suivant. Louis XVI témoigna un grand chagrin de laperte du comte et lui lit faire des obsèques magnifiques.Toutefois il déclara qu’il n’aurait plus de principal ministreet qu'il gouvernerait par lui-même ; ce qui signifiait queMarie-Antoinette voulait régner seule sous le nom de sonmari. Sa majesté donna immédiatement le litre de chef duconseil des finances au comte de Vergennes, et remplaçaJoly de Fleury par le marquis d’Ormesson, qui eut en mêmetemps la signature des traités. Au bout de quelques mois elleenleva encore à ce dernier le contrôle général des finances,pour le donner à l’une des créatures du comte d’Artois, M. deCalonne, qui était le plus mauvais choix qu’on pût faire. Uninstant le nouveau ministre imposa silence à la critique parses déclarations fastueuses de réformes ; mais sa conduite netarda pas à éclairer l’opinion publique. Du reste, lui-mêmesembla prendre à tâche de vouloir mériter la haine de la na-tion. Au lieu de s’occuper des intérêts du peuple, ainsi qu’ilavait annoncé devoir le faire, il ne songea qu’à s’assurer laprotection de la cour. Il gaspilla les trésors de l’état, les dis-tribua aux grands seigneurs et aux courtisanes titrées qui en-touraient la reine; et à l’exemple du surintendant Fouquet ,l’un des ministres de Louis XIV, il s’en servit pour achetertoutes les beautés de la cour. Les mémoires du temps disentx. 22