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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
même que la reine céda aux séductions de l’infâme Galonné;qu’elle lui vendit une nuit pour le château de Saint-Cloud etune autre pour celui de Rambouillet . Ce qu’il y a de positif,c’est que Marie-Antoinette et le contrôleur général des fi-nances vivaient dans le meilleur accord, Sa majesté défendaiten toutes occasions son protégé, et celui-ci, par réciprocitéde bons procédés, ne refusait rien à sa souveraine, et rati-fiait les pensions, gratifications ou inscriptions sur l’étatqu’elle accordait à ses favoris ou à ses mignonnes.
Outre les sommes prodigieuses qu’il donnait à la reine,Galonné satisfaisait à toutes les exigences des princes, etsoldait, indépendamment de leurs pensions, toutes les dettesqu’ils contractaient. Dans une seule année, on compte qu’ilpaya seulement pour le comte d’Artois dix-sept millions. Laduchesse de Polignac avait également la haute main dans lesfinances, et ne se faisait point faute de puiser abondammentdans les coffres du contrôleur général, soit pour elle, soitpour ses parents, pour ses oncles, ses tantes, ses arrière-tantes, ses neveux, ses cousins, ses arrière-neveux, qui,tous, venaient s’abattre à la cour et assiéger ses antichambres.Dans le nombre se trouvaient des marquis, des comtes, descoiffeurs, des menuisiers, des confiseurs et même des porte-balles; il n’y avait pas à Paris de chevaliers d’industrie, decomtesses de lansquenet, d’escrocs ou de prostituées, qu/ne prétendissent être attachés aux Polignac ou aux Gram,mont leurs alliés par quelque degré de parenté, Malgré leurgrand nombre, tous étaient choyés, nourris, habillés auxfrais du roi pendant leur séjour à Versailles et renvoyés avecdes pensions ou des places lucratives ; il n’y avait pas jusqu’à