[XVIII. S.] GRIMES DES ROIS, DES REINES ET des EMPEREURS 167
de simples protégés de la duchesse qüi ne fussent magnifi-quement pourvus. Sa simple recommandation suffisait potit*faire recevoir à la cour les personnages les plus abjects. Cefut elle précisément qui présenta à la reine la trop célèbreJeanne de Luz de Saint-Remy de Valois, plus connue sousle nom de comtesse de la Mothe, qui joua un rôle si impor-tant dans la fameuse affaire du collier.
Quelques auteurs ont prétendu à tort que cette femme s’é-tait fait introduire auprès de Marie-Antoinette par madamede Misery, la première femme de chambre de sa majesté,sous prétexte de réclamer sa protection dans un procès.D’autres historiens veulent que ce soit le cardinal de Rohan,grand aumônier de France , qui ait été son introducteur.Toujours est-il que la comtesse de la Mothe fut reçue en au-dience particulière de la reine. Comme la dame était d’unebeauté fort remarquable, Marie-Antoinette ne put se défendred’un tëndre sentiment ; elle releva l’héritière des Valois, quis’était agenouillée devant elle suivant l’usage, et lui donna unbaiser de messaline. Ces deux femmes s’étaient comprises. Lacomtesse de la Mothe fut dès ce moment comptée au nombredes mignonnes de la reine et comblée de présents.
Monseigneur de Rohan, instruit de la nouvelle fortune dela dame de la Mothe, qui était de sa société intime, voulutmettre à profit cette liaison pour faire agréer ses hommagesà Marie‘Antoinette , qu’il poursuivait depuis longtemps deson ridicule amour. Jusqu’à cette époque sa majesté avaitrepoussé les vœux d’un céladon émérite, qui atteignait sacinquante-troisième année et qui était usé par les débau-ches. Mais soit par caprice et pour plaire à la nouvelle fa-