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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIIÏ. S.l

vorite, soit par un de ces mystères du cœur humain quepersonne ne peut expliquer, soit par un secret désir de ven-geance et pour mettre à exécution un plan machiavéliquequ’elle aurait conçu pour punir le grand aumônier des in-discrétions qu’il avait commises à son sujet lors de son am-bassade à Vienne, sa majesté parut écouter favorablementles déclarations amoureuses que lui faisait parvenir le princepar madame de la Mothe. Elle alla même plus loin, elle luiaccorda plusieurs rendez-vous sans toutefois mettre le combleà ses vœux; puis, quand elle vit le prélat arrivé au pointoù elle le voulait, elle lui demanda, comme preuve de sonamour, qu’il consentît à être le médiateur d’une négociationpour un magnifique collier de diamants d’une très-grandevaleur, montés par les orfèvres Bœhmer et Bossange, qu’elledésirait acheter à l’insu du roi.

Monseigneur de Rohan protesta de son aveugle soumissionenvers sa souveraine : dès le soir même il se rendit chezles lapidaires et leur proposa de traiter de leur collier pourle compte de sa majesté. Ceux-ci, qui n’avaient pas unegrande confiance dans le cardinal, répondirent qu’ils ne con-sentiraient à se dessaisir d’une pièce aussi précieuse qu’avecla preuve écrite du consentement de la reine, attendu qu’elleavait plusieurs fois refusé d’en faire l’emplette quand ilsavaient été admis à la lui présenter. Immédiatement le prélatlit parvenir la réponse des joailliers à Versailles . Le mêmemessager rapporta au prince de Rohan un billet, dans le-quel Marie-Antoinette donnait autorisation au grand aumô-nier de traiter pour elle avec Bœhmer et Bossange de l’achatdu collier. Son éminence retourna chez les lapidaires et leur