[XVIII. 8.] CRIMES DES ROIS, DES REINES et des EMPEREURS. 171
conduire à la Bastille, sans même lui permettre de quitterses habits pontificaux.
Le parlement reçut ordre d’instruire cette affaire ; etaussitôt commença ce fameux procès qui eut un si grandretentissement en Europe sous le nom de l’aflaira du collierde la reine. On mit en cause avec le cardinal de Rohan uncélèbre aventurier, le comte de Cagliostro et sa femme, quiétaient soupçonnés de magie, et avec lesquels on prétendaitqu’il entretenait des relations intimes, Mais dans les re»cherches que l’on fit dans tous leurs papiers ou dans leursmeubles, non plus que dans ceux du prince, on ne trouvarien qui pût faire supposer qu'ils eussent eu les pierreries enleur possession, ou qu’ils eussent écrit ni reçu aucune lettrerelativement à cette affaire. L’instruction fit seulement con-naître que le comte de la Mothe, le mari de cette intriganteque la reine avait daigné admettre dans son intimité, se trou-vait en Angleterre depuis plusieurs mois et avait déjà trafi-qué d’un certain nombre de diamants. Cette découverte fitsupposer que la dame de la Mothe pouvait bien être la vraiecoupable avec son mari, et l’ordre fut donné de l’arrêter,ainsi qu’une fille d’amour du Palais-Royal nommée Oliva,qu’on disait avoir joué un rôle dans toute cette intrigue.
Le résultat de ce procès fut que le cardinal de Rohan etle comte de Caglio8tro furent déchargés de toutes poursuiteset déclarés innocents ; mais comme il fallait un coupable pourne pas laisser planer sur la reine le soupçon d’un vol aussiodieux, on s’en prit à la comtesse de la Mothe : les juges décla-rèrent que c’était elle qui avait écrit le billet remis an grandaumônier, quoique les Bœhmer et Bossange, après confron-