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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.]

tation, eussent reconnu qu’il était réellement de la main dela reine; ils décidèrent également au sujet des mystérieuxrendez-vous donnés au prince de Rohan dans les bosquetsdu petit Trianon , que son éminence avait été la dupe d’uneimpudente jonglerie de la dame de la Mothe, qui avait oséfaire jouer le personnage de sa souveraine par la fille Oliva ;ils décrétèrent encore que le collier avait été remis à la com-tesse; quoique le cardinal, dans un de ses interrogatoires,eût avoué lui-même qu’il l’avait donné à l’Esclaux, l’hommede confiance de sa majesté. Enfin, par arrêt du parlement,la dame de la Mothe fut déclarée coupable, et comme telle,condamnée à faire amende honorable, la corde au cou, àêtre marquée et fouettée publiquement, puis enfermée pourle reste de ses jours à la Salpêtrière . Cette sentence ne reçutque très-imparfaitement son exécution; on n’osa pas con-duire la comtesse en place publique, de peur qu’elle ne fîtdes déclarations accablantes contre Marie-Antoinette . On luifit subir son supplice dans la prison même, et encore usa-t-onde ruse pour la marquer : un matin, la femme du geôliervint lui annoncer qu’un courrier arrivant de Londres la de-mandait, pour lui remettre des lettres de la plus haute im-portance. Elle se leva de son lit avec précipitation ; maisavant qu’elle eût pu prendre ses vêtements, le bourreau en-tra, la saisit dans ses bras, lui enleva sa chemise; et quandelle fut entièrement nue, il appela ses deux aides, et lui ap-pliqua un fer rouge sur le sein gauche : après quoi, tous troisla flagellèrent, puis la transportèrent à la Salpêtrière , où ellearriva expirante.

Dès que le comte de la Mothe eut connaissance des bar-