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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII.S.]

, , »aurait ete victime le comte de Vergennes, ministre des af-faires étrangères, qu’on prétendait avoir été empoisonnédans un dîner chez la duchesse de Polignac, pour le punirde s’être prononcé contre la reine dans celte affaire, etd’avoir conseillé à Louis XVI d’indemniser les joailliers duvol commis à leur préjudice. Mais aucune preuve certainene vint à l’appui d’une semblable assertion. On peut seule-ment blâmer Marie-Antoinette d’avoir montré une joie indé-cente d’un événement qui la débarrassait d’un homme d’étatdevenu incommode, et qui lui permettait de donner le dé-partement des affaires étrangères à l’une des créatures ducomité Polignac.

De toutes les nations soumises au pouvoir autocratique, lanation française se trouvait alors la plus dédaigneusementopprimée, la plus entièrement avilie et la plus audacieuse-ment spoliée; la reine, ou, pour mieux dire, la tourbe decourtisans qui l’entouraient, proclamait insolemment que lafortune publique constituait le patrimoine royal, et que lamagnificence des souverains était le signe le plus évident dela prospérité des empires; et, d’après ces principes, les mi-nistres établissaient que plus les impôts rapportaient à lacouronne, plus les peuples possédaient de richesses.

Le contrôleur général des (inances commençait cependantà tenir un autre langage : le trésor était vide, et Calonne étaità bout de ressources pour le remplir ; à force d’user d’expé-dients, il en était venu à comprendre la nécessité d’entrerdans la voie des réformes, de poser des limites au luxe de lacour, et de contraindre les corps privilégiés à participer auxcharges de l’état. Bientôt même il osa déclarer à Louis XVI