[XVIII.S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 185
consultation des finances et du commerce, pour se concilierles principales maisons industrielles et faciliter le succès desemprunts, dont la réalisation devenait de jour en jour plusurgente. En outre, Marie-Antoinette et les membres du co-mité Polignac ne cessaient de l’exciter à la violence, et de luireprésenter qu’un coup d’état pouvait seul sauver la monar-chie. L’infortuné Louis XVI céda à ces fatales suggestions,et décida, pour éviter toute protestation contre l’enregistre-ment des édits, qu’il les présenterait en séance royale et qu’illes ferait immatriculer en sa présence.
En conséquence, sa majesté annonça qu’elle tiendrait uneséance royale; et au jour indiqué elle se rendit au parlementavec une escorte imposante, accompagnée des princes dusang et des pairs. Après le discours de la couronne, mon-seigneur le garde des sceaux s’approcha du trône en faisanttrois profondes inclinations; la première avant de quitter saplace, la seconde après avoir fait quelques pas, et la troi-sième lorsqu’il fut parvenu au premier degré du trône; en-suite il se mit à deux genoux, conformément au cérémonialencore usité à cette époque, et reçut, dans cette posturedégradante, les ordres du roi. Après quoi il se releva etprononça un discours dont nous donnons les points les plussaillants.
« Au roi seul appartient la puissance souveraine dans le» royaume.
» 11 n’est comptable qu’à Dieu seul de l’exercice du pou-» voir suprême; et les peuples lui ont été légués par ses an-» cêtres uniquement pour lui obéir.
» Il peut disposer à son gré de leurs biens et de leurs