186 HISTOIRE DES PAPES. [XVIII. S.]
» vies; leur imposer des lois, des charges et des impôts» selon son bon plaisir.
» Le pouvoir législatif réside exclusivement dans la per-» sonne du monarque. En conséquence, vous aurez donc à» enregistrer immédiatement les édits que sa majesté m’or-» donne de vous présenter, et qui portent création de divers» emprunts jusqu’à concurrence de quatre cent quarante» millions. »
Plusieurs conseillers, Duval d’Esprémenil, Robert deSaint-Vincent, Sabatier de Cabre et Eréteau, prirent la pa-role et s’élevèrent avec force contre les édits proposés.Comme la séance menaçait de devenir orageuse, Lamoignons’approcha du roi, lui dit quelques mots à voix basse; puis,faisant signe de la main, imposa silence aux orateurs et an-nonça que la séance royale était transformée en lit de justice.L’enregistrement fut aussitôt prononcé sans vote.
Le duc d’Orléans réclama contre cet abus d’autorité, etdit au monarque : « Sire, je supplie votre majesté de per-» mettre que je dépose dans le sein de la cour la déclaration» que je regarde cette transcription comme illégale. »
Louis XYI répliqua que l’enregistrement était régulierpuisqu’il l’avait ordonné, et se retira ému, intimidé, et per-suadé qu’on insultait à son autorité.
Avant de se séparer, l’assemblée arrêta ce qui suit; « La» cour, considérant l’illégalité des actes qui viennent d’être» accomplis en séance royale, déclare qu’elle n’entend» prendre aucune part à l’immatriculation faite sur ses re-» gistres, de l’édit portant établissement d’emprunts graduels» et Successifs. »