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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.]

parence, et chercha à se rapprocher de la cour, en protes-tant de son attachement inviolable aux personnes du roi etde la reine. Ses lettres, empreintes d’un caractère mielleux ethypocrite, en imposèrent au crédule Louis XVI et même àsa femme. On permit à d’Orléans de revenir d’abord auRaincy, ensuite dans la capitale, et bientôt après à Versailles ,où il fut reçu en audience particulière par le roi. D’Espré-menil et Sabatier obtinrent également leur élargissement, etvinrent reprendre leur place au milieu de leurs collègues.

Les ministres essayèrent de négocier les emprunts, maissans pouvoir parvenir à les réaliser, aucun capitaliste nevoulant confier ses fonds à une administration décriée ; néan-moins Marie-Antoinette estima que monseigneur Loméniede Brienne et Lamoignon avaient bien mérité d’elle, et ob-tint de son mari, pour l’un l’archevêché de Sens et uneriche abbaye, et pour l’autre le don d’une somme considé-rable, afin qu’il pût marier sa fille. Ces deux hommes redou-blèrent alors d’efforts pour reconnaître dignement les dis-tinctions flatteuses dont ils étaient l’objet, et se mirent àl’entière disposition de la reine pour faire réussir les plansmachiavéliques ébauchés dans le comité autrichien, et dontles Polignac étaient les auteurs. Tous les grands seigneurs,frappés d’une sorte d’aveuglement, s’abusaient au point decroire qu’il leur serait permis de choisir entre les destinéesrévolutionnaires qui les dominaient, et de ne réaliser que lesréformes dont ils n’auraient point personnellement à souf-frir; ils se proposaient sérieusement d’abroger les parlementset de les remplacer par une institution de cours plénières.Mais avant d’agir, les ministres sentirent la nécessité de s’ap-