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[XV1I1.S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 189

puyer sur la force matérielle : ils expédièrent des ordrespour que tous les militaires eussent à rejoindre immédiate-ment leurs drapeaux, et firent partir des officiers généraux,des intendants et des conseillers d’état pour les provinces,avec des paquets cachetés qu’ils devaient ouvrir à jour fixe,et qui renfermaient le sort que la cour réservait à la France .Une imprimerie, élevée par leurs soins à Versailles , travail-lait jour et nuit à l’impression des nouvelles lois qui devaienlresserrer les liens de l’esclavage. De toutes parts des troupess’ébranlaient et s’approchaient de la capitale pour surveiller lesmouvements de l’opposition et prêter main-forte à l’autorité.

Duval d’Esprémenil parvint heureusement à se procurerun exemplaire des circulaires ministérielles; il le porta aupalais, le lut en pleine assemblée, et profitant de l’indigna-tion générale qui s’était spontanément manifestée sur tousles bancs, il fit jurer aux magistrats « de se refuser à tout» projet qui émanerait des presses de Versailles , et de périr» plutôt que de souffrir leur exécution. » Les chambres sedéclarèrent en permanence.

Brienne et Lamoignon, quoique intimidés par l’attitudedu parlement et par la découverte de leurs machinations,voulurent encore essayer des voies de rigueur pour intimi-der leurs ennemis, et lancèrent des lettres de cachet contreDuval d’Esprémenil et contre un autre conseiller, Goislardde Montsabert, qui avait dénoncé les vexations commisesdans la perception des vingtièmes. L’un et l’autre se réfugiè-rent au palais, où le parlement les mit sous la sauve-garde dela loi. A onze heures du soir, dans la nuit du 5 au 6 mai, desdétachements de gardes françaises, précédés de leurs sapeursx. 25