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HISTOIRE DES PAPES.
[XVltl. S.)
la hache sur l’épaule; investirent la grand’chambre; à mi-nuit, Vincent d’Agoust, le chef des troupes, força Centrée,et lut aux conseillers l’ordre suivant : « J’ordonne au sieur» d’Agoust de se rendre au palais à la tête de six compagnies» armées, d’en occuper toutes les avenues et d’arrêter au» sein de mon parlement les magistrats Duval et Goislard,b pour les Remettre entre les mains des officiers de la prévôté» de l’hôtel. Signé Louis. »
Tous lés conseillers se levèrent à la fois, et s'écrièrent« qu’ils étaient tous d’Esprémenil et Goislard. » La nuit en-tière se passa en altercations , en pourparlers inutiles; et lelendemain à onze heures , sur une dernière sommation -, lesdeux proscrits se livrèrent d eux-mêmes.
Deux jours après, le 8 mai, lorsque le scandale de celteviolation à main armée du sanctuaire des lois retentissaitencore dans la capitale, Louis XVI tint à Versailles le fameuxlit de justice qui devait tout consommer, et où se trouvèrentles princes du sang, les pairs, les ministres et le parlement.
Indépendamment de plusieurs édits oppresseurs relatifsaux fonctions et à la compétence des tribunaüx du royaume,sa majesté promulgua l’établissement de six tribunaux supé-rieurs intitulés Grands Bailliages, et d’une cour suprême sousle nom de Cour plénière.
Ces mesurés exaspérèrent les esprits et excitèrent uùmécontentement générai dans les provinces : le parlement deParis entama la lutte contre le roi; celui de Bennes suivitl’exemple, et opposa une telle résistance à l’exécution des Or-donnances royales, que le comte de Thiars, goüverneur de laprovince, fut obligé de recourir à la force; et comme la boui>