[XVIII.S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 197
» tous les partisans de la déconvocation continuent à faire» naître de nouvelles difficultés en aigrissant les esprits par» de nouveaux sarcasmes. Quand le trouble sera bien établi,» le roi aura beau jeu pour défaire ce qu’il a été contraint de» faire à cause des exigences du trésor. « Entendez-vous,» dira-t-il aux députés, ou allez-vous-en. » Et comme on» trouve toujours des moyens de corruption pour empêcher» qu’on ne s’entende, il faudra bien qu’on se sépare. Notre» reine a raison de craindre que le tiers ne limite la puis-» sance royale; et nous ne saurions trop nous employer pour» fomenter un désordre qui puisse faire désirer la perma-» nence de l’ancien régime. Comme on ne pourra jamais dis-» soudre les États-Généraux qu’en prouvant leur inutilité,w faisons œuvre de discorde, ce sera le plus sûr moyen de» prouver leur insuffisance pour remédier aux maux du pays. »Suivant les avis de ce prêtre, les agents du comité de lareine suscitèrent des troubles dans les provinces et organi-sèrent des bandes d’assassins. À Rennes , les nobles eurentl’audace de parcourir les rues, armés jusqu’aux dents, defrapper les citoyens, d’insulter les femmes, et de faire enten-dre des menaces de mort contre les députés du tiers-état.Heureusement la vaillante jeunesse de Rennes prit la défensede ses représentants et punit l’outrecuidance des hobereauxde la province. Trois cents hommes vinrent assiéger le cloîtredes Cordeliers, qui servait de rendez-vous aux nobles et oùils se trouvaient au nombr e de plus de six cents. Après quel-ques heures d’assaut, ils les forcèrent à capituler. On cite àcette occasion un trait de lâcheté insigne d’un noble breton,
appelé Keratry. Ce misérable, lait prisonnier au commence-,
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