Band 
X.
Seite
198
JPEG-Download
 

198

HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.]

ment de l’action, avait demandé à deux genoux qu’on lui fîtgrâce de la vie; après l’avoir obtenue, il s’était barricadé danssa maison et avait tiré sur les citoyens à travers ses jalousies.A l’exemple de Rennes, le peuple des autres villes de la Bre-tagne prit les armes et se rendit tellement redoutable à lanoblesse, que la cour dut renoncer à dominer dans cette pro-vince. Des essais de désordres furent tentés en Franche-Comté , mais sans succès ; dans le Dauphiné et dans le Béarn,les nobles voulurent également former une confédération;une simple manifestation de la bourgeoisie suffit pour lesmettre à la raison.

La cour, voyant que sa politique devenait impuissante pourproduire le résultat qu’elle voulait obtenir, c’est-à-dire fairenaître le désordre, afin d’avoir un motif pour assembler destrou pes, eut recou rs à des manoeuvres exécrables que Louis XV avait le premier mises en usage, et donna une nouvelle activitéà l’accaparement des blés. De cette manière, la faim vint enaide au gouvernement et provoqua des émeutes terribles, oùle sang coula en abondance. A Paris surtout, où le nombredes ouvriers était considérable, la misère parvint au com-ble et par suite le désordre ; ce qui fournit à la cour un pré-texte pour concentrer une armée dans les environs.

A toutes ces causes de dissensions vint s’en joindre uneautre : la bourgeoisie commença à s’agiter pour se mettreau lieu et place des ordres privilégiés, qu’elle voyait menacésd’une chute prochaine, et manifesta des tendances ambi-tieuses. Bientôt même le haut commerce ne prit plus la peinede dissimuler son intention de supplanter la noblesse et leclergé dans la direction des affaires de l’état.