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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.]

il entretenait des meneurs à sa solde dans tous les clubs dela capitale; il payait au poids de l’or des pamphlets contrela cour; il achetait à beaux deniers comptants les députés,et préparait ses batteries pour demeurer le maître du mouve-ment révolutionnaire.

Partout l’agitation était extrême; la France entière étaitdans l’attente de l’ouverture des États-Généraux ; une sorte defièvre politique s’était emparée de toutes les têtes; jamais enaucun temps les conversations intimes, les correspondancesparticulières sur les matières de gouvernement et de législa-tion, n’avaient eu une semblable activité; jamais la pressen’avait produit autant d’écrits. On prétend que plusieurs sedébitaient en l’espace de quelques jours à trente et quarantemille exemplaires. On cite particulièrement la brochure deSieyès , dont il fut vendu cinquante mille exemplaires; elleportait le titre suivant : « 1° Qu’est-ce que le tiers-état? Tout.» 2° Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique? Rien.» 3° Que demande-t-il à devenir? Quelque chose. »

L’auteur concluait ainsi; « Il n’y a pas deux cent mille» privilégiés des deux ordres de la noblesse ou du clergé; il» y a vingt-cinq millions d’hommes du tiers-état. Jugez qui» doit gouverner ! » Hélas! les temps ne sont point changés;aujourd’hui encore, après un demi-siècle de luttes san-glantes entreprises pour établir en France les droits impres-criptibles de la souveraineté du peuple, nous en sommesréduits à nous écrier ; « Il n’y a pas deux cent mille électeurs» privilégiés; il y a trente-quatre millions d’hommes du tiers-» état. Qui donc doit gouverner? »

Mirabeau , repoussé par la noblesse, embrassait également