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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.]

au contraire, accueillie par un sombre et lugubre silence.Le duc d’Orléans, qui était dans les rangs et qui, par affec-tation, avait refusé de se placer à côté des princes du sang,fut seul salué par des acclamations. Le passage du clergé futaussi silencieux que celui de la noblesse. Lorsque Louis XVI parut, quelques cris de « Vive le roi » se firent entendre.Pour la reine, ce fut bien différent; en plusieurs endroits on1 accueillit avec des murmures; en d’autres, avec des malé-dictions et des injures.

Le lendemain eut lieu la séance d’ouverture. On avait pré-paré et indiqué, sous le nom de salle des Trois ordres, lasalle des Menus, qui était la plus vaste de celles qui existaientà Versailles en dehors du château. Elle offrait un emplace-ment suffisant pour contenir les douze cents députés et denombreux spectateurs. Le roi prononça un discours préparéà l’avance, et dans lequel il n’était question ni des réformesà apporter dans l’administration de l’état ni des abus à sup-primer. Il se bornait à demander aux députés les moyens derétablir les finances et de raffermir le crédit public, c’est-à-dire de lui voter des subsides.

Dans la matinée suivante, le 6 mai, le tiers se rendit dansla salle des Menus, qui lui avait été réservée, pendant que leclergé et la noblesse se réunissaient séparément dans dessalles particulières. On commença par délibérer sur uneproposition tendant à envoyer aux deux ordres privilégiésune députation pour les inviter à se réunir aux communesdans le lieu des assemblées générales. Mais la cour avait dé-cidé qu’il en serait autrement ; en conséquence, le clergédécida, à une majorité de cent trente-trois voix contre cent