204
HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
Mais des négociations habilement conduites firent échouerses tentatives criminelles ; le tiers décida le clergé, et ensuitela noblesse, à nommer des commissaires pour aviser aux me-sures à prendre pour la réunion.
Monsieur, comte de Provence, monseigneur le comte d’Ar-tois, la reine, le comité Polignac, le comte de Brézé et tousles laquais de la cour jetèrent les hauts cris, et arrachèrent aufaible Louis XYI une ordonnance qui interdisait aux noblesde siéger avec les mandataires du peuple. Toutefois cette or-donnance fut révoquée sur les représentations des hommessages du conseil, qui firent valoir l’urgence de ne plus nour-rir les défiances, ni semer les tracasseries, ni organiser depetits complots, si l’on voulait enfin avoir des subsides.
Pour gagner du temps, on fit courir le bruit que le roiviendrait incessamment aux Etats-Généraux présenter le pro-jet d’un emprunt préparé par le ministre Necker. Cette nou-velle fut très-mal accueillie. Les députés des communes dé-clarèrent qu’ils ne donneraient leur assentiment à aucunemesure de finances avant que les débats entre les ordresfussent terminés, et protestèrent avec force contre les dis-positions hostiles du pouvoir.
L’un des membres apprit à l’assemblée que la capitaleétait remplie de soldats; que les canons de la Bastille étaientbraqués, que les artilleurs invalides demeuraient auprès deleurs pièces, prêts à y mettre le feu au premier signal ; quela bibliothèque du roi était encombrée de munitions deguerre, que tout annonçait que la royauté se disposait à s ar-mer du glaive pour Irapper la liberté. Cette communicationcausa une sorte de frémissement dans l’assemblée, porta au