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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.)
mettre la main sur quelques-uns de ces misérables; maislorsqu’on voulut les juger, la cour, qui redoutait des aveux,fit intervenir le parlement d’Aix , qui évoqua l’affaire à sontribunal. Le gouverneur de la province appuya les magistrats,traita les Marseillais de rebelles pour avoir veillé à leurs pro-priétés, et lit marcher des troupes contre la ville. Aussitôt lajeunesse courut aux armes, s’organisa en bataillons, tira descanons des vaisseaux de guerre qui étaient dans le port, lesbraqua aux principales entrées, et se prépara à une vigou-reuse résistance.
L’exemple de Marseille fut promptement suivi par lesvilles de Reims, de Caen, d’Orléans, de Nancy, de Rouen ,et par une multitude d’autres villes qui s’organisèrent mili-tairement pour résister à la terreur royaliste.
A Paris, malgré les décrets de Louis XVI contre la presse,les journaux, les pamphlets , les brochures se multipliaientà l’infini et se propageaient avec une merveilleuse rapiditédans les districts. L’exaltation politique était arrivée à un teldegré qu’on ne se contentait plus de s’entretenir des affairespubliques dans les assemblées, on courait en foule à uneespèce de forum établi au centre du Palais-Royal , dans lejardin, sous une tente. C’était là qu’une nombreuse sociétéde jeunes hommes, pour la plupart appartenant à la presse,venait délibérer publiquement sur les questions à l’ordre dujour; c’était dans cette réunion que se distribuaient les nou-velles, et qu’on discutait sur le mérite des députés; c’était làque se tenaient ces discours éloquents qui remuaient lesmasses et portaient à la connaissance d’un immense audi-toire les machinations du comité autrichien.