[XVIII.S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS 20T
Entraînés par l’exemple, les députés du tiers se détermi-nèrent enfin à faire acte d’énergie : ils envoyèrent une adresseau roi pour lui annoncer qu’ils s'étaient constitués en assem-blée des Etats -Généraux; qu’en conséquence ils avaient faitappel aux mandataires de la noblesse et du clergé, pourqu’ils eussent à se réunir à eux , et qu’ils allaient immédia-tement procéder à la vérification des pouvoirs sans distinc-tion d’ordres; puis, cette opération terminée, qu’ils allaientcommencer l’œuvre de la restauration nationale.
Quelques membres du clergé répondirent à l’appel descommunes et vinrent remettre leurs pouvoirs pour la véri-fication; ensuite on passa à la discussion pour décider le nomqu’il convenait de donner à l’assemblée. Sur la propositionde l’abbé Sieyès, on adopta celui d’Assemblée nationale.
La cour, effrayée de la vigueur que montrait le tiers,et redoutant de se voir débordée par l’opposition, vouluttenter un coup d’état; elle se retira à Marly pour avoir letemps de mûrir son projet définitif, et décida la suspension desséances de l’assemblée, sous prétexte de disposer la salle desMenus pour une séance royale. Le 20 juin au matin , Bailly,doyen ou président provisoire, reçut l’avis du grand maîtredes cérémonies "que la salle était fermée; en même tempsdes hérauts d’armes l’annoncèrent au coin des rues à son detrompe; néanmoins les députés, qui ignoraient ces mesuresou qui en étaient imparfaitement instruits, se présentèrent àla porte principale, et furent brutalement repoussés par lessoldats. Vers les neuf heures, Bailly et les deux secrétairesvinrent également pour entrer dans la salle des États, et nepurent obtenir que les portes fussent ouvertes.