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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
Le comte de Vertan, l’officier de garde, déclara qu’il étaitseulement autorisé à laisser entrer les dignitaires de la cham-bre pour prendre les papiers qu’ils jugeraient leur être né-cessaires. Le président, les secrétaires et quelques repré-sentants pénétrèrent dans la salle et virent que les bancsavaient déjà été enlevés, et que toutes les avenues étaientgardées par des soldats; alors ils se transportèrent rue duVieux-Versailles, dans le local du jeu de paume, et décla-rèrent la séance ouverte.
Bailly rendit compte des faits qui venaient de se passer,et proposa de mettre en délibération le parti qu’il convenaitde prendre dans un moment aussi orageux. Sur la motiondu représentant Mounier, les députés décrétèrent ce qui suit :« L’Assemblée nationale, considérant qu’appelée à fixer la» constitution du royaume, à opérer la régénération de l’ordre» public et à maintenir les vrais principes de la monarchie,» rien ne peut empêcher qu’elle continue ses délibérations» dans quelque lieu qu elle soit forcée de s’établir, et qu’enfin» partout où ses membres sont réunis, là est l’Assemblée» nationale; arrête que les représentants prêteront et signe-» ront le serment solennel de ne jamais se séparer, et de se» rassembler partout où les circonstances l’exigeront, jus-» qu’à ce que la constitution du royaume soit établie et affer-» mie sur des fondements solides. » Et à l’instant tous, cé-dant à un noble enthousiasme, prêtèrent serment entre lesmains du président, au milieu des acclamations des citoyensqui avaient pénétré dans la salle.
Cette démarche était plus que suffisante pour éclairer lacour, et lui faire comprendre que le moment était venu de