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[XVIII. S.] G LUMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 211

» reçu par tous. Mais la liberté de vos délibérations est en-» chaînée; une force militaire environne les Etats! Où sont» les ennemis de la nation? Catilina est-il à nos portes? Je» demande qu’en vous couvrant de la dignité de votre puis-» sance législative, vous vous renfermiez dans la religion de» votre serment; il ne nous permet de nous séparer qu’après

» avoir fait la constitution. »

En ce moment, l’orateur fut interrompu par le marquisde Brézé, le grand maître des cérémonies, qui, d’une voixbasse et mal assurée, venait intimer aux députés, de la partdu roi, l’ordre de se séparer. « Que voulez-vous à l’assem-» blée, cria Mirabeau , vous qui n’avez ni place dans cette en-» ceinte ni droit de parler? Allez dire à votre maître que nous» sommes ici par la volonté du peuple, et que nous n’en» sortirons que par la force des baïonnettes. »

La véhémence de cette apostrophe foudroya l’insolent va-let et électrisa l’assemblée. Les députés décrétèrent, séancetenante, le maintien de leurs précédents arrêtés et l’inviola-bilité de leurs personnes, déclarant que tout particulier,toute corporation, cour ou commission, qui oserait, pen-dant ou après la session, poursuivre, rechercher, arrêter oufaire arrêter un député pour raison de ses avis, propositions,opinions émis aux Etats-Généraux, de même que tous ceuxqui prêteraient leur ministère pour l’exécution de semblablesattentats, de quelque part qu’ils fussent ordonnés, seraientconsidérés comme infâmes et traîtres envers la nation, cou-pables de crime capital et poursuivis comme tels.

Dans l’intervalle, M. de Brézé s’était dérobé avec préci-pitation, et était venu porter la réponse de Mirabeau au