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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
comité autrichien, qui délibérait sous la présidence de Marie-Antoinette . Ce message inspira de violentes colères. Quel-ques courtisans proposèrent même d’en finir avec les repré-t entants du peuple par un affreux attentat. Les plus sagesfirent observer qu’ils n’avaient pas assez de forces pour exé-cuter leur projet, et obtinrent qu’il fût ajourné. La reinepersista toutefois à vouloir contraindre le tiers à interromprela séance, et eut recours à des moyens si misérables, que lagravité seule des événements peut les garantir du ridicule etles élever au scandale. On avait construit pour la séanceroyale une sorte d’amphithéâtre pour y placer le roi et soncortège. Marie-Antoinette ordonna qu’on le fît démolir sur-le-champ , dans le puéril espoir de troubler par le bruit desmarteaux et des scies, par l’embarras des échelles, par l’en-lèvement des tapisseries et des panneaux, une délibérationqu’elle ne pouvait empêcher par la force. Des ouvriers furentintroduits et commencèrent leur bruyante besogne. Mais lecalme de l’assemblée les frappa d’étonnement et d’admira-tion; tous, d’un commun accord, interrompirent leur travailet écoutèrent les orateurs dans un silence religieux. •Tel fut le résultat de cette séance extraordinaire sur laquelleavaient tant compté les infâmes conseillers de Louis XVI . Lesnouvelles circulèrent rapidement de Versailles à Paris et ac-crurent l’agitation qui régnait dans la capitale. On ne sauraitpeindre le frissonnement qu’éprouva la grande ville à cesseuls mots : « Louis XVI a tout cassé. » (» 11 semble, dit une» brochure du temps, que la lave d’un volcan bouillonne sous» les pieds; qu’il ne faut qu’un signal pour faire éclater la» guerre civile. Gloire éternelle aux représentants de la na-