[XVIII.S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 213
» tion; ils ont imprimé une tache indélébile au front du des-» pote; ils ont bravé le glaive de sa soldatesque; ils ont été» les dignes élus du peuple.»
Ces mouvements de l’opinion publique agirent puissam-ment sur la cour et la portèrent à prendre des précautionsextraordinaires contre une invasion des Parisiens. On mitdes troupes, des canons et des avant-postes au pont de Sè-vres, pour repousser les citoyens s’ils tentaient de venir prê-ter main-forte à l’Assemblée nationale. Neanmoins la terreurcommença à gagner l’âme pusillanime des princes, et les dé-cida à donner au roi le conseil de revenir sur ses précédentesdéclarations et d’inviter les députés du clergé et .de la no-blesse à se réunir aux représentants du tiers-état.
Cette concession, que réclamait depuis si longtemps l’As-semblée nationale, se trouva ainsi arrachée par la force desévénements quatre jours après avoir été formellement refuséepar la cour. Du reste, on n’en sut aucun gré à Louis XVI .Les choses avaient marché; et la question qui occupait lesesprits était celle du grand déploiement de troupes et del’appareil militaire dont le gouvernement affectait de s’en-tourer. On se demandait dans quel but on agglomérait surun même point des corps d’artillerie, cent pièces de canon,des masses de soldats étrangers, les régiments de Saiis-Samade, Châteaux-Vieux, Diesback, Pioyal-Suisse, Royal-Àllemand, Rœmer, Rercheny, Esterzay et une multitude dehussards autrichiens et de pandours, qui étaient campés, lesuns au Champ-de-Mars, les autres à Saint-Denis . On s’in-quiétait de voir Versailles cernée par des troupes, et les ave-nues du château garnies de canons pointés sur la salle desx. 28