214 HISTOIRE DES PAPES. [XVIII. S.]
États-Généraux . Une circonstance fortuite vint heureuse-ment mettre un terme aux incertitudes et éclairer la nationsur les complots du comité autrichien. Le maréchal deBroglie perdit le brouillon d’une lettre qu’il adressait auprince de Condé, et dans laquelle ce misérable dévoilait lescoupables projets de la cour. Cette lettre qui fut prompté-ment imprimée et répandue dans la capitale; elle était ainsiconçue :
« Comme je l’avais prévu et dit une fois à votre altesse,» la plupart des députés du tiers deviennent des loups affa-» més, qui n’ont en vue qu’une seule proie, la haute no-» blesse. Us sont d’autant plus hardis que leur grand nombre» les rassure, et que nous ne faisons rien de ce qu’il faudrait» pour les épouvanter et les décourager. Avec cinquante» mille soldats je me chargerais volontiers de dissiper tous» ces beaux esprits et cette foule d’imbéciles qui applau-» dissent, écoutent et encouragent. Une salve de canons» chargés à mitraille et une vigoureuse fusillade auraient» bientôt fait raison de ces argumentateurs, et remis la puis-» sance absolue qui s’éteint à la place de cet esprit républi-fl cain qui se forme. Aujourd’hui le mal est grand, mais il» ne faut point se désespérer; que tous les membres de notre» parti travaillent à diviser ces braillards et cherchent à» avancer le moment où nous pourrons agir. Toutefois, je» vous préviens que nous ne devons compter que sur les» troupes étrangères.»
On était déjà informé à Versailles que les gardes-fran-çaises casernés à Paris avaient établi parmi eux une so-ciété secrète, dans laquelle ils s’engageaient à n’exécuter