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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
corps avait refusé de marcher contre les citoyens, et avaitété cassée pour ce fait ; des régiments qu’on avait eu l’impru-dence de faire passer à Paris , s’étaient débandés et avaientété fraterniser au Palais-Royal avec les libérateurs des gardes-françaises. Parmi ceux qui étaient restés fidèles, beaucoupavaient déclaré qu’ils refuseraient de faire feu sur le peuple.La contagion des idées révolutionnaires envahissait jus-qu’ à l’armée : les soldats commençaient à se plaindre del’usage aristocratique qui fermait au mérite et au courage lavoie de l’avancement, pour réserver toutes les places auxnobles; ils faisaient entendre de violentes récriminationscontre la rigueur du code militaire et l’infamie des punitionsqui leur étaient infligées. Un garde-française osa mêmeécrire à son colonel : « Vous traitez de braves gens comme» des esclaves ; vous frappez des hommes qui sont vos frères,«vos égaux, lorsqu’ils refusent d’obéir aveuglément à vos» ordres iniques; vous voulez qu’un militaire ne soit ni fran-» çais, ni citoyen, ni fils, ni père, ni époux; vous voulez» que ce soit un chien de guerre prêt à dévorer, à votre» signe, amis, parents, frères, femmes et enfants.... »D’après ces dispositions, le comité secret de la reine jugeaqu’il ne pouvait (aire aucun fond sur les troupes françaises ;alors il réunit en corps d’armée les régiments étrangers etles mit sous les ordres du maréchal de Broglie, dont la ser-vilité et l’abnégation patriotique lui étaient parfaitement con-nues. Celui-ci se conduisit avec sa jactance ordinaire, dressales plans des massacres qu’il voulait faire exécuter, et an-nonça avec fracas qu’avant huit jours, grâce à son énergie,a France serait rentrée dans l’obéissance.