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[XVIII.s.] CRIMES dès ROIS , des REINES et des EMPEREURS. 217

Marie-Antoinette applaudissait aux forfanteries du maré-chal, et le baron de Breteuil, l’âme damnée de la reine, di-sait, portes ouvertes : « Au surplus, s’il faut brûler Paris ,» on brûlera Paris ; on décimera ses habitants. Aux grands» maux les grands remèdes! D’ailleurs c’est le salut de la» royauté qui l’ordonne; et périssent des millions d’hommes» plutôt que le trône des Bourbons. »

Avant de frapper le grand coup et de procéder au renvoi desdéputés du tiers-état, la cour voulut, par excès de prudence,enlever toute force aux Parisiens en les affamant. Par lesordres du comité autrichien, tous les blés qui existaient dansles halles furent évacués hors de la capitale, les arrivagesfurent arrêtés, et en peu de jours la disette se fit sentir. Lamisère devint si atroce, que les malheureux ouvriers enétaient réduits à assiéger les portes des boulangers et à at-tendre douze et quinze heures pour obtenir un peu de painnoirâtre, terreux, amer, qui donnait des inflammations à lagorge et causait des douleurs d’entrailles. « J’ai vu, dit le» rédacteur d’un journal royaliste, dans les dépôts, des mor-» ceaux de farine d’une couleur jaune, d’une odeur infecte,» et qui formait des masses tellement durcies, qu’il fallait» les frapper avec des haches pour en détacher des portions.» Moi-même, rebuté des difficultés que j’éprouvais à me» procurer du pain, je renonçai absolument à cette nourri-» ture. Ayant été obligé, au plus fort de la disette, de me» rendre à Versailles et d’y faire un séjour, je voulus exami-» ner le pain que l’on mangeait au château ; nulle part je ne» vis le pain de seigle, qui, suivant les ministres, était servi» à la famille royale; j’aperçus, au contraire, que tout le