218 HISTOIRE DES PAPES. [XVIII. S.]
» monde, même les domestiques, y mangeait un pain exquis,» de la plus belle et de la meilleure qualité.... »
Tout paraissant amené à point, la cour s’occupa de com-pléter ses préparatifs militaires à Paris et à Versailles ; laforteresse de la Bastille fut pourvue d’approvisionnements deguerre de toute espèce et la garnison renforcée ; quinze piècesde canon furent disposées dans les créneaux des tours quiregardaient la rue Saint-Antoine, les boulevards et les fau-bourgs, et douze fusils de rempart furent montés sur leursaffûts; en outre on fit entrer dans le château quatre centsbiscaïens, quatorze coffrets de boulets sabotés, quinze millecartouches et cent vingt barils de poudre; on prévit mêmele cas où les assaillants s’approcheraient trop près des rem-parts pour être atteints par le canon, et l’on versa sur lestours des charretées de pavés, de ferrements, de boulets etde vieilles poutres. Le marquis de Launay, gouverneur dela Bastille, n’avait négligé qu’une chose, celle des appro-visionnements de bouche, tant il était persuadé que lapremière décharge d’artillerie ferait trembler la capitale etmettrait les rebelles à la raison. Quelques régiments étran-gers devaient compléter la garnison de Versailles et arriverl’avant- veille du jour fixé par Louis XVI pour un nouveau litde justice, où il était résolu à prononcer la dissolution desÉtats-Généraux.
Déjà le comte d’Artois ne prenait plus la peine de cacherles coupables projets de la cour, et disait à son entourage:« Dans quelques jours nous serons débarrassés de ces polis-» sons de députés, et plus tôt encore nous aurons chassé ce» coquin de Necker. »